Une lecture de : Valérie NIQUET, « Taïwan face à la Chine. Vers la guerre ? » Tallandier, mai 2022


Résumé: Publié quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine, l’essai engagé de Valérie Niquet, spécialiste reconnue de la Chine et des questions géopolitiques d’Asie de l’est, est une synthèse des plus opportunes sur « la question de Taïwan ». Car Taïwan, longtemps composante parmi d’autres de la Guerre froide en Asie, puis tension à dimension régionale principalement bilatérale, est désormais devenu l’un des principaux « points chauds » de la planète…



Publié quelques semaines après le début de la guerre en Ukraine (prise en compte par l’auteure dans plusieurs chapitres et en conclusion), l’essai engagé de Valérie Niquet, spécialiste reconnue de la Chine et des questions géopolitiques d’Asie de l’est, est une synthèse des plus opportunes sur « la question de Taïwan ». Le sous-titre de couverture, « Vers la guerre ? », est également le titre du premier chapitre, la question étant par ailleurs le fil directeur du propos. Car Taïwan, longtemps composante parmi d’autres de la Guerre froide en Asie, puis tension à dimension régionale principalement bilatérale (la République de Chine vs la République populaire de Chine, et réciproquement), est désormais devenu l’un des principaux « points chauds » de la planète, comme l’avait titré The Economist en mai 2021. En atteste, si besoin était, la question qui a immédiatement préoccupé les chancelleries, les éditorialistes et les think tanks après l’agression russe : « Après l’Ukraine, Taïwan ? ».



Manifestation en soutien aux Ukrainiens, Taipei, le 13 mars 2022 ©AFP- Jose Lopes Amaral – NurPhoto

Vers la guerre ? De l’agressivité croissante de XI Jinping à la remise en cause de « l’ambiguïté stratégique » américaine

Dans son premier chapitre, l’auteure dresse le tableau des risques de guerre, à l’initiative toujours du président XI Jinping (pour qui Taïwan est «la mère de toutes les batailles») , dont l’agressivité des discours sur Taïwan ne cesse de s’exacerber : multiplication des incursions aériennes chinoise dans l’espace aérien (l’ADIZ) de Taïwan ; gesticulations militaires sous forme d’exercices aériens et aéronavals (une grande publicité étant donnée aux exercices de débarquement) ; vitupérations de la propagande à Pékin, dans les médias et dans les ambassades de Chine, etc.. Pékin entretient une stratégie de la tension permanente – au risque d’ailleurs d’un dérapage toujours possible. Si le discours chinois est constant depuis 1949 – Taïwan serait historiquement une « province chinoise » qui devra inéluctablement être « réunifiée » avec la métropole, Pékin n’a que depuis peu les moyens militaires de passer de la parole aux actes.

S’il fallait choisir une date pour initier le basculement, ce serait 2005, avec l’adoption par le régime communiste de la Loi anti-sécession : celle-ci prévoit que le recours à la force pour récupérer l’île peut être engagé si tous les moyens pacifiques pour ce faire sont épuisés – et donc pas seulement en cas de proclamation unilatérale de l’indépendance par Taipei, comme on le croit trop souvent. L’enjeu taïwanais est la troisième priorité dans le Livre blanc chinois de 2019 après la protection du territoire national, et la défense de « la sécurité politique et de la stabilité sociale » du pays (- comprendre : le monopole absolu du parti communiste sur tous les pouvoirs). Cette loi a été accompagnée par un très gros effort militaire, en particulier pour bâtir de toutes pièces une marine de grande puissance dont le pays était totalement dépourvu jusque-là – on sait qu’en nombre de bâtiments, la marine chinoise a désormais dépassé la marine américaine. Car Taïwan est un enjeu stratégique majeur pour Pékin comme pour Washington : entre le Japon au nord et les Philippines au sud, alliés des Américains, l’île est au centre de la ligne d’archipels qui barre l’accès direct de la Chine aux grands espaces du Pacifique. Valérie Niquet rappelle les grandes lignes de la politique américaine depuis 1979, savoir principalement « l’ambiguïté stratégique », « une expression fétiche qui ne dit rien de ce que Washington ferait, ou pas » en cas d’agression chinoise contre Taïwan. La question étant d’ailleurs de savoir si l’incertitude renforce ou affaiblit la dissuasion… Alors que la capacité militaire chinoise d’attaquer est désormais réelle, les lapsus successifs (volontaires ou pas) de Trump puis de Biden, même systématiquement rectifiés par le Département d’État, laissent cependant entendre une volonté croissante des Américains d’intervenir pour défendre Taïwan – il suffit d’ailleurs de relever quotidiennement les diatribes du quotidien nationaliste chinois Global Times pour s’en convaincre.

Les enjeux stratégiques et militaires sont repris dans le huitième chapitre : « David contre Goliath ». La menace militaire chinoise doit être prise en compte, mais les chiffres alignés par Pékin (le nombre d’avions, de navires, etc.), les simulations de débarquement à grand spectacle, les cyberattaques et le désinformation ne doivent pas illusionner les observateurs – voir les déboires russes en Ukraine… En revanche, ces pressions multiformes de Pékin, et surtout le déroulement de la guerre en Ukraine doivent amener Taipei à passer d’urgence au crible ses capacités politiques, sociétales et militaires à résister à une possible agression chinoise. En développant, en particulier, ses capacités à mener une guerre asymétrique, « une défense résolue et une dissuasion multi-domaine ».

Réalités historiques et démocratiques taïwanaises, ou propagande révisionniste  du parti communiste chinois?

L’auteure dit d’entrée qu’il serait préférable d’utiliser le vocable « d’unification » plutôt que de faire le jeu de Pékin qui revendique une « réunification » avec Taïwan, alors que l’île n’a jamais appartenu à la République populaire de Chine. Le deuxième chapitre entend apporter des éléments de réponse à la question : « Taïwan est-il chinois ? ». Qu’une grande nation considère qu’elle dispose d’un droit légitime à exercer son influence sur les pays qui l’entourent n’est pas nouveau. C’est l’essence même de la « doctrine Monroe », du nom du cinquième président des Etats-Unis, James Monroe (1758-1831), jamais totalement abandonnée à Washington. Mais ce n’est pas du tout ce qui a caractérisé jusqu’ici les relations entre la Chine et l’ancienne Formose. A deux reprises, des troupes chinoises ont débarqué dans l’île : en 1661 et en 1949. Non pour accroître un empire, mais au contraire pour y trouver refuge face à un nouveau pouvoir sur le continent : la dynastie Qing au XVIIe siècle, les communistes au XXe (en 1949, lors du repli de TCHANG Kaïchek). Sauf peut-être pendant une décennie à la fin du XIXe siècle, la Chine n’a jamais exercé qu’un pouvoir sporadique lointain sur Formose (qu’un empereur Qing avait un jour qualifiée de «poignée de boue» !), abandonnée au Japon sans regret en 1895 (par le traité de Shimonoseki), et qui n’a pas été revendiquée par le pouvoir nationaliste du Kuomintang jusqu’en 1943, ou par les communistes jusqu’à leur prise du pouvoir en 1949…

Les développements historiques de Valérie Niquet incluent « les relations paradoxales » de Taïwan et des Taïwanais avec le Japon. Car c’est très largement à la puissance coloniale que Taïwan doit son entrée dans la modernité, tant matérielle qu’intellectuelle. Les Japonais y développent dans un premier temps des infrastructures essentielles à son développement et mettent en place dans un second temps une politique d’assimilation qui profitera notamment à une élite taïwanaise qui se formera pour partie au Japon. Et s’en souviendra après 1945… En 1945, 70 % de la population taïwanaise parle japonais. Les conseils mis en place par les Japonais (Conseil du gouverneur : 40 membres dont 17 locaux ; conseils locaux à partir de 1935) forment la base d’un minimum de démocratie. A contrario, la brutalité du régime du Kuomintang (« un système de  capitalisme autoritaire d’Etat-parti ») à partir de 1945 (avec l’épisode sanglant de 1947, en particulier, puis l’arrivée des Continentaux en 1949, puis les décennies de Loi martiale – 1949-1987,) explique largement que, dans l’esprit de nombreux Taïwanais contemporains,  la période de la colonisation japonaise soit rétroactivement idéalisée. Malgré une décennie de sanglante guerre de conquête à partir de 1895, et la répression de révoltes aborigènes dans les années 1930, les Taïwanais gardent aujourd’hui une bonne image de la puissance coloniale – une exception notoire en Asie, où les périodes d’occupation par la soldatesque japonaise ont laissé une mémoire traumatique. L’exception taïwanaise en la matière ulcère évidemment Pékin, tout comme le fait que de nombreux Taïwanais (au moins 200 000 pour 6 millions d’habitants) aient combattu durant la guerre dans l’armée japonaise, et que leur mémoire soit honorée au sanctuaire de Yasukuni à Tokyo.

Taïwan, une véritable démocratie « adaptée au monde chinois », à rebours des thèses autoritaristes et anti-universalistes de Pékin

La transition démocratique de Taïwan (traitée dans le troisième chapitre : «La marche vers la démocratie ») est une spécificité irréductible au regard de la non-évolution de la République populaire de Chine en la matière. C’est parce que la démocratie taïwanaise actuelle (qui a d’ailleurs émergé du système Kuomintang à partir des années 1980) est exemplaire, et ouverte au monde, qu’elle est irréductiblement insupportable au « socialisme aux caractéristiques chinoises » du PCC, qui rejette le principe d’universalité des valeurs démocratiques (dont les élections libres et l’alternance politique). Pékin, qui ne cesse de répéter que les « valeurs occidentales  sont  inadaptées au monde chinois ». Alors même que le modèle répressif de Pékin, sans cesse renforcé, est un repoussoir croissant . Le processus imposé à Hong Kong (de la non-consultation de la population lors de la rétrocession de 1997, à l’écrasement du mouvement démocratique en 2019-2021), avec l’instauration d’un Etat policier – dont il est évident qu’il sera, à terme, phagocyté par la Grande Chine, est le contre-exemple absolu à l’évolution de Taïwan. L’évolution pacifique de Taïwan vers la démocratie « démontre que les changements de régime sont possibles et positifs. C’est contre ce scénario catastrophe pour sa survie que le Parti communiste chinois », responsable de l’écrasement des manifestants de la place Tienanmen en juin 1989, lutte avec constance.

« Taïwan et son statut d’indépendance de fait sont en réalité un rappel constant de la faiblesse idéologique du Parti, incapable de convaincre les « compatriotes » de l’île de Taïwan de rejoindre la patrie communiste. » On signalera, au passage, que le processus hongkongais a d’ailleurs enterré le mythe de la formule « Un pays, deux systèmes », que Pékin persiste à promouvoir dans sa propagande à destination de Taïwan, aux côtés du flot de désinformation qui vise l’île à travers différents vecteurs (Septième chapitre : «  Résister à la Chine : Taïwan face à la guerre d’influence »). Car Taïwan apparaît comme un laboratoire des guerres nouvelles, cible des grandes manœuvres de Pékin. L’auteure énumère ainsi:

– la corruption d’une partie des élites taïwanaises pro-Pékin (pendant longtemps au sein du Kuomintang au pouvoir, parti-Etat miroir du modèle léniniste du PCC sur le Continent), via le Front uni chinois.

– la désinformation : une « guerre de l’information en temps de paix », qui distille l’inéluctabilité de la « réunification » ; la faiblesse militaire de Taïwan face à une Armée populaire de libération invincible (V.Niquet renvoie à Sun Zi, qu’elle a édité : «lorsqu’une armée est faible, elle doit sembler forte ») ; le non-soutien prévisible des Américains en cas de crise, etc.

– la manipulation : les fake news sur les réseaux sociaux (avec une prédilection contre la présidente TSAI Ingwen, contre laquelle Pékin a feuilletonné une prétendue non-obtention de diplômes universitaires ); des cyberattaques qui ont frappé, en particulier, le réseau bancaire taïwanais, etc.

l’agitprop : le soutien au Kuomintang  (par exemple sous la présidence de MA, ce qui a mené à la « crise des Tournesols » en 2014, et à une réorientation politique du Kuomintang accusé par les manifestants de « collusion avec Pékin »); ou à des petits partis ou groupes pro-Pékin (outre le KMT, 4 partis sur 12 dans l’île relaient explicitement ou indirectement les thèses chinoises).



Manifestation de soutien au mouvement pro-démocratie contre la loi d’extradition à Hong Hong, Taipei, juin 2019 (Source : New Statesman)

Hard power / Soft power: La pression économique et diplomatique de Pékin sur Taïwan, et la bataille de l’image (démocratique) gagnée par Taipei

Initialement l’un des petits « dragons asiatiques » – en partie grâce à l’héritage infrastructurel et sociétal de la période coloniale japonaise, l’île est devenue progressivement un acteur économique important en Chine continentale. A partir des années 1970-1980, sous l’ère DENG Xiaoping, les entreprises taïwanaises ont été l’un des moteurs essentiels du « miracle chinois », quand bien même les investissements y ont été officiellement interdits jusqu’en 1992. La Chine représente en 2020 44 % des exportations de Taïwan, et est encore dans une très grande dépendance aux producteurs taïwanais de semi-conducteurs. Mais à l’inverse, il y a une dépendance de Taïwan aux marchés chinois. Les investisseurs taïwanais en Chine (les taïshang) sont politiquement plutôt favorables au Kuomintang, jugé plus apte à protéger leurs intérêts dans la négociation avec Pékin. Ces dernières années, Taipei cherche à relocaliser certaines de ses installations chinoises ailleurs en Asie, dans l’optique d’une plus grande ouverture économique et d’une moindre dépendance à Pékin. Washington exerce d’ailleurs de fortes pressions pour que ces secteurs taïwanais stratégiques ne s’engagent pas plus en Chine, et viennent plutôt investir sur le sol américain.

Taïwan est un Etat indépendant de fait, mais pas au regard du droit international. Depuis l’expulsion de la République de Chine de l’ONU en 1971, et le « principe d’une seule Chine » imposée depuis lors à tous les Etats qui entendent entretenir des relations diplomatiques avec Pékin, le nombre d’États qui entretiennent des relations diplomatiques avec Taipei rétrécit comme peau de chagrin : ils ne sont plus que 14 en 2022, des micro-Etats pour l’essentiel. La « politique diplomatique du chéquier » de Taipei (acheter le maintien de relations diplomatiques en subventionnant largement les gouvernements intéressés) ne fait plus le poids face à  la « politique diplomatique du chéquier » de Pékin, dont les moyens financiers et les capacités de pression économique sont désormais massives.

Dans son sixième chapitre («  Touché, mais non coulé : l’envergure diplomatique de Taïwan ») , l’auteure montre que, pour contrer sa régression diplomatique, Taïwan fonde sa diplomatie sur les valeurs démocratiques. Et multiplie des « représentations » (économiques, culturelles, commerciales…) qui sont des ambassades de fait – il en existe désormais 57 en 2022. Et si ces représentations sont parfois ouvertes dans des lieux improbables (ainsi en 2021 à Hargeisa, au Somaliland, un Etat lui-même non reconnu, issu de l’éclatement de la Somalie…), d’autres le sont dans des Etats occidentaux démocratiques. En 2021, la Lituanie a même accepté l’ouverture d’une « Représentation de Taïwan » (au lieu de « la République de Chine-Taïwan »), déclenchant la fureur de Pékin, et une véritable crise diplomatique et commerciale impliquant la Chine contre un (petit) Etat membre de l’UE. De même, les délégations parlementaires venant de pays démocratiques sont de plus en plus nombreuses à faire le voyage à Taipei, malgré les pressions, et parfois les menaces explicites, de Pékin.

Si Taïwan a donc perdu de plus en plus de positions diplomatiques de plein exercice dans le « tiers monde » (Afrique [sauf Eswatani-Swaziland et Somaliland], Amérique latine, Pacifique), ses représentations de plus en plus nombreuses (Taipei recevant, en réciprocité des « représentations » étrangères qui sont autant d’ambassades de facto, à défaut d’être de jure) et les visites parlementaires de soutien sont une forme de compensation symbolique et pratique.

L’auteure reprend également dans ce chapitre plusieurs volets géopolitiques : les relations avec Washington (dont Pékin essaie en permanence de réduire la marge de manœuvre dans le détroit de Taïwan et la zone indo-pacifique) ; et l’évolution des relations du Japon avec son ancienne colonie. En cas de crise, Tokyo se retrouverait en première ligne, ne serait-ce que par la présence des bases américaines à Okinawa. Peu à peu, s’inquiétant de l’activisme expansionniste de Pékin (par exemple dans l’archipel japonais des Senkaku, revendiqué comme Diaoyutai par la Chine, ou dans l’aire Pacifique), les gouvernements conservateurs du PLD s’éloignent de leur traditionnelle prudente (timorée?) « ambiguïté stratégique » vis-à-vis de Pékin, et penchent nettement ces dernières années pour une intégration de Taïwan dans les priorités de sécurité japonaises. La question de Taïwan est devenu au Japon un sujet de débat public, avec une inquiétude croissante de l’opinion publique face à Pékin, et même si, à l’instar de leurs homologues taïwanais, les milieux économiques nippons freinent pour ne pas se retrouver en mauvaise posture en Chine. On l’a dit, l’image de Taïwan est très positive au Japon, et réciproquement.

Depuis 2016, avec la « New Southbound Policy » (NSP), la présidente TSAI Ingwen (du parti indépendantiste Vert DPP, depuis 2016) a relancé la « politique vers le Sud » de son prédécesseur LEE Tenghui (du parti Kuomintang, 1988-2000) dans les années 1990 : établissement de relations économiques bilatérales, ASEAN, ouvertures vers l’Inde, etc. Même si Taipei est là empêchée par son statut international et les pressions de Pékin. Contrecoup de l’agressivité chinoise, et de dossiers de plus en plus lourds (génocide culturel des Ouïghours, répression à Hong Kong, violation aggravée des droits humains, etc.), l’Union européenne apparaît de plus en plus favorable à Taïwan – par exemple en négociant avec Taipei, au printemps 2022, des accords commerciaux bilatéraux. En revanche, Taipei n’a rien à attendre de la Russie de Poutine, et encore moins depuis l’agression de l’Ukraine.


Manifestation du Mouvement des Tournesols contre les pressions de Pékin, Taipei, printemps 2014

Deux perspectives optimistes? L’agression chinoise n’est pas pour demain, et la démocratie taïwanaise pourrait l’emporter…

Tout en restant nécessairement prudente, l’auteure conclut qu’à court terme, la proclamation de l’indépendance de Taïwan n’est pas, à court terme, un scénario crédible- le statu quo sera sans doute logiquement privilégié par Taipei. Du côté de Pékin, le concept de 1979 « un pays, deux systèmes » a vécu avec l’écrasement du mouvement démocratique à Pékin. Pour Valérie Niquet, une agression chinoise contre Taïwan est sans doute beaucoup moins envisageable à court terme depuis l’agression de l’Ukraine par Moscou, et les leçons que toutes les parties peuvent tirer de l’expérience ukrainienne. Pékin, en particulier, est prévenu, en cas d’attaque contre Taïwan, des conséquences potentielles à l’ukrainienne (résistance, échecs stratégiques ou tactiques, coût économique des sanctions internationales…). La Chine apparaît (ou se prétend) toute puissante, mais a aussi ses faiblesses. Et Taïwan a déjà gagné la bataille de l’image auprès des démocraties occidentales. Reste un scénario optimiste : une victoire du modèle taïwanais à long terme…


Pékin, 4 juin 1989
Taipei, 4 juin 2019

REFERENCES

NIQUET Valérie, Taïwan face à la Chine. Vers la guerre ? Les clés pour comprendre, Tallandier, mai 2022, 240p.

NIQUET Valérie (entretien avec), « Si la Chine se lance dans une opération militaire contre Taiwan, cela peut déclencher la chute du régime chinois», Libération, 17/5/2022. Online : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/si-la-chine-se-lance-dans-une-operation-militaire-contre-taiwan

LEMAÎTRE Frédéric, « « Taïwan face à la Chine » : l’avenir n’est pas écrit« , Le Monde, 26/5/2022. Online : https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/26/taiwan-face-a-la-chine . CR de l’ouvrage de V.Niquet.

NIQUET Valérie, La Chine en 100 questions. La puissance et les failles, Tallandier, 2017 ; & Texto, 2021, 304p.

NIQUET Valérie, Le Japon en 100 questions: Un modèle en déclin ? Tallandier, 2020, 237p.


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